© 2009 Juan Light Painting à Montpellier

Je ne suis pas si loin

Dans les quelques jours précédant mon départ pour l’Argentine, beaucoup de gens ont manifestés leur volonté de me voir, de me « dire au revoir » avant mon « grand voyage ». Ce sont les mots qui revenait souvent. C’est marrant. Ca peut sembler naturel que ses amis, sa famille, son entourage manifeste ainsi le fait que l’on va leur manquer, ou plus simplement que l’on ne va pas les voir pendant longtemps. Moi ça m’a touché, ou plutôt interloqué. Ca m’a touché de voir tant de gens se manifester si chaleureusement. Peut-être n’étais-je pas habitué, peut-être était-ce la première fois. Par contre ce qui m’a frappé ce sont le choix des mots. « Au revoir », « grand voyage »… Cela fait penser à la mort un peu, non ? Je me suis interrogé, et naïvement je me disais que ces gens avait une idée faussée de l’Argentine. Au fond de moi je me répétais : « Je ne pars pas à la guerre après tout ! », « L’Argentine, c’est quand même pas si dangereux que ça ? ». Naïf étais-je. À force je commençais à admettre que je pouvais manquer à ces gens. Ce que je n’avais pas envisagé par contre, toujours aussi naïvement, c’est que ces gens puissent aussi me manquer. Parmi tout ces gens qui m’ont dit au revoir, je repense à mon oncle et sa compagne. Ils sont venu peu de temps avant que je parte. C’était un moment authentique et agréable. Cela m’a fait plaisir. Ce qui est bête c’est que je ne m’en sois rendu compte qu’après que cela m’avait fait tant plaisir. Que je me rende compte trop tard ce que, lui, me disait vraiment ce jour là. J’ai dit au revoir à mon oncle, et aussi loin que je sois, c’est lui qui est parti. J’ai dit au revoir à mon oncle, et lui, il nous a dit adieux.

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