© 2009 Juan Rivière non loin d'Ushuaia

Patagonia Trip : Last Stop

Au menu, quelques anecdotes telles que le changement d’heure en Argentine, le défaut d’approvisionnement en menthe au bout du monde, les policiers d’Ushuaia.

Après être partis d’El Calafate à 3 h du matin, nous repassons par Rio Gallegos, ville qui a autant d’intérêt touristique que de charme, aucun. Heureusement nous ne restons pas plus d’une heure, dans la petite gare routière. Le chemin qui nous sépare de la Terre de Feu passe par le Chili, cela veut dire passer la frontière deux fois. Quelle affaire ! Tout se passerai bien si les chiliens n’avait pas une peur panique que l’on importe des produits frais (fruits, légumes…) chez eux. Donc au poste frontière c’est fouille aux rayons X de tous les bagages de tous les voyageurs du bus. Une heure et demie de perdue. Côté argentin c’est une formalité, ralentie par le fait que le deuxième douanier du poste frontalier préférait regarder son collègue plutôt que l’aider.Passé cet épisode, nous voici au Chili pour quelques heures. Nous passons le mythique détroit de Magellan en ferry. Pendant la traversé de 20 min, nous sortons du bus pour prendre un peu l’air (très) frais. On nous avais averti des possibles vagues qui pouvait passer par dessus la coque. Pensant qu’il s’agirait simplement de quelques embruns nous nous approchons sans crainte. Une minute plus tard je suis trempé. De la tête au pieds.Encore quelques heures de route, essentiellement de la piste. Nous passons de nouveaux la frontière, nous voici de nouveau en Argentine. Après environs deux heures supplémentaires de route nous nous approchons de Ushuaia. Le paysage abandonne les plaines pelées peuplées de moutons pour devenir plus montagneux, peuplé de chevaux et de vaches. L’arrivée en fin de journée sur la ville nous permet de profiter d’un agréable coucher de soleil dans les montagnes.Nous entrons dans la ville au début de la nuit, il pleut. Ici pas de gare routière, un simple parking fait l’affaire. Nous nous installons rapidement à l’hostal, allons commander des pizzas à quelques mètres de là et les mangeons à côté d’italiens et d’allemandes très sympas et tout aussi voyageurs que nous. Une fois rassasiés nous repartons pour aller prendre un verre, LE verre. En effet, à une heure du matin c’est le 16 octobre, donc l’anniversaire de Ganéche (et de plein d’autres personnes dans le monde…). Le Toast International v.2.0 devait prendre lieux un peu partout autour de la planète. Nous nous dépêchons donc de trouver un bar, demandons un Mojito chacun. « Ah non monsieur, au bout du monde la menthe c’est pas tous les jours qu’on en a ». Mince. On cours dans le bar d’en face. Idem. Il nous propose une Caipirinha. Banco. C’est donc une Caipirinha que nous avons bu ce soir là Ganéhe et moi. Mais afin que le contrat soit rempli nous nous sommes assuré qu’à cette heure précise, dans la province de terre de Feu, une loi était passé pour changer momentanément le nom de la Caipirinha en Mojito. L’honneur est sauf. Si si, je vous jure !

En sortant du bar, surprise, tempête de neige ! Nous filons rejoindre les deux comparses qui nous attendent dans un autre bar. En entrant j’apprend à un groupe de jeunes filles comment manger les Pop-Corn. Nous continuons la soirée dans ce bar, la musique est bonne (Cuarteto de nos – La Casa de Damian, pour ceux -et surtout celles- qui connaissent). Sur le chemin du retour vers l’auberge nous cédons à la tentation trop forte de faire une bataille de boules de neige.En courant dans les rues vides d’Ushuaia pour se lancer de la neige à la tronche, nous sommes interrompus dans notre délire par des policiers en patrouille. La discussion commence de manière relativement unilatérale par un premier « Le mains contre le mur, tous les quatre ! ». Faisant mine de ne pas comprendre, je feint un accent français horrible. Ils nous demandent pourquoi nous courrions et leur expliquons que ce n’était qu’une bataille de boule de neige… On s’en sort avec un « Attention, courrez pas dans les rues, c’est dangereux ».Le lendemain nous sortons en début d’après midi de l’auberge, le temps en clair et ensoleillé, génial. Nous nous promenons tranquillement pour rejoindre le port. Un repas d’ »empanadas » et de « sandwich de milanesa » sur un banc public et c’est parti pour trois heures de croisière dans le canal Beagle. Le bateau sur lequel nous embarquons est suffisamment petit pour bien sentir les vagues, super ! Le temps passe de grand beau à tempête de pluie en l’espace de 5 minutes, très étrange. Nous nous approchons de quelques îles dans le canal. Nous voyons des lions de mer, des oiseaux, et d’autres animaux dont je ne connais le nom ni en espagnol ni même en français. De temps à autre nous montons sur le pont, mais peu de temps car il fait vraiment froid. Le temps passe de tempête de pluie à tempête de neige en l’espace de 5 minutes. Nous passons près d’autres îles encore. A bord, la guide nous explique pleins de choses intéressantes sur la Patagonie, sur Ushuaia, le relief, la faune et la flore locale ainsi que les populations autochtones pré-colonisation. Le temps passe de tempête de neige à grand beau en l’espace de 5 minutes. Vraiment étrange. Venu de nulle part, la guide sers au 20 personnes que nous sommes sur le bateau une collation ! Trop bonne ambiance à bord du petit bateau, même si nous sommes les plus jeunes (essentiellement des couples de vieux). Petit gâteaux, chocolat chaud, café alors que dehors le temps a encore changé pour de la neige. Nous nous approchons d’une île, nous y débarquons, tout le monde est mort de froid (se rappeler que ce n’est « que » le printemps). La guide nous explique d’autres aspects des Yamanes autochtones désormais disparus, notamment un intéressant : il vivaient nus. Oui oui, la preuve avec les photos d’époque quand il en restait encore quelques uns. Dingue. Sur le chemin du retour en bateau, la guide constate que tout le monde a l’âge légal et nous propose donc une liqueur de café maison faite par le capitaine. Que demande le peuple ?! En résumé vraiment bonne ambiance du début jusqu’à la fin sur ce bateau, non pas uniquement grâce à la nourriture et la boisson mais aussi et surtout grâce aux paysages, au parcours et à la guide.Le lendemain nous partons nous promener dans la réserve naturelle, dans la vallée voisine. Les paysages me rappellent vaguement les préalpes. A la différence que les routes ne sont pas goudronnées et que la mer est toute proche. De nouveau le climat est très instable mais nous savons profiter des passage ensoleillés pour apprendre à marcher au pas cadencé par un ex officier finlandais. Il nous apprend aussi les premières paroles de l’hymne suomi. Impossible. Au pied d’une colline, une rivière coule, nous trouvons un indien, caché derrière un arbre. En rentrant de la réserve naturelle, nous passons par l’ancien bagne (désormais un musée). Intéressant, ce sont les bagnards qui ont construit le bagne. Sympa comme concept ! A l’époque c’était le bagne le plus sûr du monde parait-il. Peu d’échappés, tous retrouvés. Certains même revenaient d’eux même. Après tout, tu sors de là, tu te rend compte que : 1 – T’es sur une île où il n’y a rien à faire, 2 – il fait froid et il n’y a rien à faire. 3 – Tu peux pas sortir de l’île et y’a vraiment rien à faire ni même à manger.

Le lendemain matin nous nous offrons un vol d’une demie heure au dessus d’Ushuaia et du canal Beagle en Piper 6. Le temps était super. Parfait. Plutôt que de vous raconter ce passage magique, je vous conseille de regarder les photos.Le soir, après avoir passé une heure à comprendre que non, il n’y avait finalement pas eu de changement d’heure contrairement à ce qui semblait, pas même dans la province de Buenos Aires, nous partons en direction de l’aéroport. Fin du voyage.

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