Je m’habitue aux transports en commun, je sais où trouver les bon petits plats à emporter du quartier pour les soirs de flemme… Et le meilleur dans tout ça, LE meilleur indicateur pour savoir si on est bien installé dans une ville. L’autre jour alors que je rentrais chez moi en fin d’après midi… Mon coiffeur, installé sur le pas de sa porte, m’a reconnu et m’a salué ! Je suis donc passé sur le trottoir et je l’ai salué comme il se doit. Je ressemblais donc l’espace de quelque seconde à n’importe quel porteño qui salue les gens de son quartier qu’il connais. Ce petit détail qui n’a l’air de rien m’a quand même fait plaisir. C’est cette accumulation de petite chose qui font que je me sens chaque jour plus à ma place, et pas un simple touriste qui sait qu’il n’est là que pour quelques jours et ne prend pas le temps d’avoir des repères. Il se passe la même chose avec les bus, au début, les bus de Buenos Aires sont un enfer pour quiconque les découvres. Une montagne de lignes (près de 400 lignes !), et autant de compagnies différentes. Ce détail a une importance, cela veut dire qu’il n’y a pas de « ticket » de bus. Impossible d’acheter à l’avance un ticket pour prendre un bus, comme tout bon européen penserait le faire. Ici on paye en montant dans le bus. Et en pièces uniquement ! A cela on reconnais les utilisateurs fréquents des bus, ils sont toujours à la recherche de la moindre pièce. Font exprès de donner un peu plus en billet lorsqu’ils achètent quelque chose, juste pour avoir des pièce en change. Et quand on n’a pas de monnaie, c’est vraiment une galère pour en trouver.Malgré ça, je suis serein quand je prend le bus, j’arrive désormais à presque toujours avoir de la monnaie suffisante pour un aller retour. J’arrive à me repérer pour savoir quand en mon arrêt, même sur les lignes que j’utilise peu (ne comptez pas sur une quelconque aide pour ça, pas de plan, pas de tracé de la ligne à bord du bus ; le seul recours reste le chauffeur, très souvent aimable et à même de vous renseigner).Une amie ma fait découvrir les « cônes » de Havanna (chocolatier réputé), que j’ai pu faire découvrir à mes cousins, non sans une petite gloire. C’est un cône de chocolat blanc de 3cm environs, rempli de Dulce de Leche. Autant vous dire que c’est un concentré de bonheur.J’ai pu récemment conseiller un restaurant à mes cousin, puis plus tard un glacier, avec un relatif succès. Sans aller jusqu’à penser que je sois porteño, tout ces petits détails dont j’essaye de me rendre compte me font plaisir et me montre que je ne passe pas à côté de mon échange. Cette volonté, parfois vaine, de vouloir « profiter au maximum » de cette opportunité est présente tous les jours dans ma tête. Et plutôt que prendre le point de vue du touriste riche de base qui « a payé donc veut profiter » je préfère me dire que je suis sur place et je préfère essaye de me fondre dans le paysage. J’essaye de prendre l’accent local, les tics de langages, le vocabulaire de la rue, sans que cela ne soit surfait ou paraisse maladroit. Mais c’est malheureusement peine pardue avec mon accent. Après quelques phrases mes interlocuteurs se rendent compte de l’évidence, je ne suis pas argentin. Mais souvent ils hésitent entre anglais, francais, italien, parfois même espagnol !Enfin quoi de mieux pour découvrir la ville que d’aller à l’encontre de ceux qui la font vivre, les travailleurs, ces argentins qui se lèvent tôt chaque matin pour faire de la ville ce qu’elle est. En effet, ce matin n’arrivant pas à dormir, sur le coup de 6h15 je me suis résigné. Je suis parti faire un footing. Du coup j’ai pu enfin voir Buenos Aires le matin. Vous me direz, c’était déjà le cas lorsqe je rentrais de boite ou de soirée très très très tard… Mais pas dans les mêmes conditions en générale. Passons. J’ai donc vu les portiers laver le trottoir devant leur immeuble, les marchands de journaux ouvrir leur kioskes, les marchands de fleur commencer leur journée, les premier bistrots ouvrir leur portes et monter la terrasse. Cela donne une impression agréable d’être dans les coulisse d’une immense pièce de théatre, en grandeur nature. Mais encore mieux que de voir ceci se passer, se dire qu’on est dedans est encore plus fabuleux. Je suis dans les grandes coulisses de Buenos Aires. Le rêve.
© 2009 Juan